Les animaux parlent la nuit de Noël
Selon de nombreux récits, les bêtes de l’étable recevaient la parole la nuit de Noël. En Rouergue, le coq annonçait « Dieu est né », le bœuf demandait où, la chèvre répondait « À Bethléem » et l’âne concluait qu’il fallait y aller.
Ce que cela peut signifier
Une fois par an, disait-on, les bêtes de l’étable pouvaient parler. Les récits recommandaient surtout de ne pas aller les écouter : le curieux entendait parler de sa propre fin. Mais d’autres usages montraient un respect plus doux. En Poitou, on ne se couchait pas avant d’avoir fait faire réveillon aux animaux, et dans l’Yonne ou l’Allier on les nourrissait avant de se mettre à table. Ces animaux travaillaient toute l’année sans rien dire. La nuit de Noël leur rendait, au moins en imagination, une voix et une place. Ceux qui nous aident en silence mériteraient eux aussi, de temps en temps, qu’on les serve en premier.
Selon la façon dont tu l’as vu
Le dialogue de l’étable
En Rouergue, on racontait que le coq disait « Dieu est né », que le bœuf demandait « Et où ? », que la chèvre répondait « À Bethléem » et que l’âne concluait : « Il faut y aller ! » Au XVIe siècle, un moine faisait déjà dialoguer les animaux de cette manière dans un sermon de Noël.
Ne pas aller écouter
Dans bien des récits, les curieux qui entraient dans l’étable cette nuit-là pour entendre parler les bêtes les entendaient causer de leur propre trépas. En Haute-Bretagne, dans un récit, des chevaux apprenaient ainsi à leur maître que sa mort était proche.
Des bêtes à genoux
En Haute-Bretagne, disait-on, les ânes s’agenouillaient à minuit sonnant ; en Dauphiné et en Touraine, les bœufs au moment de l’élévation. Dans l’Auxois, les vaches se détachaient toutes seules.
Le réveillon des animaux
En Poitou, on ne devait se coucher qu’après avoir fait faire réveillon aux bêtes. Dans l’Yonne, la Côte-d’Or et l’Allier, on leur donnait à manger avant de se mettre soi-même à table, et dans le Loiret on menait boire les bœufs pendant la messe de minuit pour qu’ils engraissent bien.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Quand une vache ou un bœuf se couche, il plie d’abord les pattes avant et s’appuie un instant sur les genoux, ce qui ressemble à une génuflexion. La nuit de Noël, les fermes restaient parfois seules pendant la messe de minuit, et le moment du retour, de la soupe et du soin aux bêtes faisait partie de la veillée.
Ce que disent les croyances populaires
Rouergue
En Rouergue, on prêtait aux animaux de Noël ce dialogue : le coq disait « Dieu est né », le bœuf « Et où ? », la chèvre « À Bethléem », et l’âne « Il faut y aller ! »
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 95. Voir la page
France (nombreux récits)
Selon de nombreux récits, les animaux avaient la faculté de parler la nuit de Noël, mais les curieux qui entraient dans l’étable pour s’en assurer les entendaient causer de leur trépas, et mouraient bientôt.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 95-96. Voir la page
Haute-Bretagne, Dauphiné, Touraine
En Haute-Bretagne, les ânes s’agenouillaient à minuit sonnant ; en Dauphiné et en Touraine, les bœufs au moment de l’élévation ; dans l’Auxois, les vaches se détachaient toutes seules.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 96. Voir la page
Poitou, Yonne, Côte-d’Or, Allier
Dans l’Yonne, la Côte-d’Or et l’Allier, on donnait à manger aux bêtes avant de se mettre soi-même à table la nuit de Noël ; en Poitou, on ne devait se coucher qu’après leur avoir fait faire réveillon.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 107. Voir la page
Loiret
Dans le Loiret, pour que les bœufs engraissent facilement, il ne fallait pas oublier de les envoyer boire la veille de Noël, entre onze heures et minuit, au moment de la messe.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 107. Voir la page
France, XVIe siècle
Au XVIe siècle, dans un sermon sur la Nativité, un moine faisait déjà dialoguer le coq, le bœuf, l’agneau et l’âne, chacun avec son cri.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 95. Voir la page
Haute-Bretagne
Dans un récit de Haute-Bretagne, des chevaux dialoguaient la nuit de Noël et apprenaient à leur maître que sa mort était prochaine.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 96. Voir la page
Pour réfléchir
Si ceux qui t’aident sans jamais se plaindre pouvaient parler une nuit, que diraient-ils de toi ?