Everyday Omens

Compter les étoiles

Les Vosgiens et les Vendéens, quand ils admiraient les étoiles, se gardaient de les compter : celui qui tombait sur la sienne risquait sa vie, disait-on. À Liège, les jeunes filles comptaient sept étoiles pendant sept soirs.

Ce que cela peut signifier

Par une nuit claire, on finit presque toujours par essayer de compter les étoiles, et l’on abandonne vite. Les Vosges et la Vendée en avaient fait un interdit : quand on les admirait, il ne fallait pas les compter, car on risquait de tomber sur la sienne. À Marseille, les compter du doigt donnait des verrues. Cette prudence invite à ne pas tout mesurer. Il y a des choses qu’on gâche en voulant les chiffrer (un moment heureux, une amitié, un paysage) et qu’il vaut mieux simplement regarder.

Selon la façon dont tu l’as vu

Compter en les admirant

Vosgiens et Vendéens admiraient les étoiles sans jamais les compter : quiconque arrivait à la sienne tomberait mort sur-le-champ, croyait-on.

Les montrer en les comptant

À Marseille, celui qui montrait les étoiles avec les doigts en les comptant s’exposait à être couvert de verrues.

Sept étoiles pendant sept soirs

Pour connaître son futur mari, une Liégeoise comptait chaque soir, pendant sept jours, sept étoiles, et recommençait si les nuages s’en mêlaient ; le premier garçon qui lui tendrait ensuite la main serait le bon. À Nivelles et dans la Creuse, il fallait compter neuf étoiles pendant neuf jours.

Choisir une étoile

À Spa, les paysans choisissaient une étoile dans le ciel ; le soir où ils cessaient de l’apercevoir, ils craignaient un malheur pour le lendemain. Une jeune Liégeoise courtisée choisissait aussi la sienne, dont le scintillement plus ou moins vif était un présage.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Par une nuit très noire, loin des villes, on peut voir à l’œil nu quelques milliers d’étoiles à la fois ; en ville, l’éclairage n’en laisse paraître qu’une petite partie. Leur scintillement vient de l’agitation de l’air que traverse leur lumière, plus marquée près de l’horizon.

Ce que disent les croyances populaires

Vosges et Vendée

Dans les Vosges et la Vendée, quand on admirait les étoiles, il fallait se garder de les compter, car tout homme qui comptait la sienne tomberait mort sur-le-champ, disait-on.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 56. Voir la page

Marseille

À Marseille, celui qui montrait les étoiles avec les doigts en les comptant était exposé à être couvert de verrues.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 56. Voir la page

Liège, Nivelles et Creuse

À Liège, la jeune fille qui voulait savoir qui elle épouserait comptait chaque soir, pendant sept jours, sept étoiles ; le premier jeune homme qui lui tendait ensuite la main serait son mari. À Nivelles et dans la Creuse, on comptait neuf étoiles pendant neuf jours.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 54. Voir la page

Spa (province de Liège)

À Spa, les paysans choisissaient une étoile dans le ciel ; lorsqu’ils cessaient un soir de l’apercevoir, ils craignaient un malheur pour le lendemain.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 55. Voir la page

Liège (Belgique)

Une jeune Liégeoise courtisée choisissait une étoile, dont le scintillement plus ou moins vif lui disait si l’avenir serait heureux ou non.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 54. Voir la page

Pour réfléchir

Qu’as-tu tendance à mesurer ou à chiffrer, alors qu’il suffirait d’en profiter ?