Everyday Omens

Croiser un troupeau de moutons

Dans le nord et l’est de la France, croiser un troupeau de moutons en allant rendre visite ou demander un service annonçait un bon accueil. En Brie, tout dépendait du sens : un troupeau qui tournait le dos présageait une mauvaise réception.

Ce que cela peut signifier

Le présage du troupeau ne parlait pas de chance en général, mais d’un moment précis : celui où l’on part frapper à une porte, rendre visite ou demander quelque chose. En Brie, on regardait si les bêtes venaient vers soi ou tournaient le dos, comme si le troupeau répétait d’avance l’accueil qui attendait le voyageur. Avant une démarche importante, on cherche volontiers des indices de la réponse dans tout ce que l’on croise. Ce qui compte pourtant le plus, c’est la manière dont on se présente soi-même, et l’on peut s’y préparer bien mieux qu’au passage d’un troupeau.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un troupeau qui vient vers toi

En Brie, un troupeau qui venait au-devant du voyageur était pour lui la marque d’un bon accueil à l’endroit où il se rendait. Dans plusieurs parties du Nord et de l’Est, et près de Liège, croiser des moutons en allant en visite promettait aussi d’être le bienvenu.

Un troupeau qui tourne le dos

En Brie, si le troupeau tournait le dos au voyageur, celui-ci pouvait s’attendre à une mauvaise réception. Le même troupeau, vu de l’autre côté, changeait donc de sens.

Neuf moutons sur la route

Une Liégeoise qui voyait venir neuf moutons, disait-on, épouserait le premier garçon à lui tendre la main.

Passer la main sur un mouton

Les Flamands de France croyaient s’assurer la chance en passant la main sur un mouton. Autour de Semur, un agneau noir était à l’inverse de mauvais augure.

Un troupeau près des chênes

Au Perche, on disait que la sève s’arrêtait d’un coup au passage d’un troupeau de moutons, et que les peleurs d’écorce de chêne devaient alors suspendre leur travail.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Les moutons sont des animaux grégaires : ils restent groupés et suivent les premiers de la file, si bien qu’un troupeau avance, s’arrête ou fait demi-tour d’un seul mouvement. Autrefois, on croisait fréquemment des troupeaux sur les routes et les chemins, menés d’un pâturage à l’autre ou vers les foires.

Ce que disent les croyances populaires

Nord et Est de la France

Dans plusieurs parties du nord et de l’est, croiser un troupeau de moutons lorsqu’on se rendait en visite ou qu’on sollicitait quelque chose présageait qu’on serait bien reçu.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 98. Voir la page

Brie

En Brie, un troupeau qui venait au-devant du voyageur était la marque d’un bon accueil là où il se rendait ; s’il lui tournait le dos, il pouvait s’attendre à une mauvaise réception.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 98. Voir la page

Liège (Belgique)

À Liège, une jeune fille qui voyait venir neuf moutons devait épouser le premier garçon à lui donner la main.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 98. Voir la page

Liège (Belgique)

À Liège, si en allant faire une visite on rencontrait des moutons, c’était le signe qu’on serait le bienvenu.

Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. V : Les mammifères domestiques, 2e partie (1882), p. 170. Voir la page

Environs de Semur (Côte-d’Or)

Aux environs de Semur, un agneau noir était un mauvais présage.

Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. V : Les mammifères domestiques, 2e partie (1882), p. 170. Voir la page

Flandre française

Dans la Flandre française, on croyait s’assurer la chance en passant la main sur un mouton.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 92. Voir la page

Perche

Au Perche, la sève s’arrêtait subitement et les peleurs de chêne devaient suspendre leur besogne lorsqu’un troupeau de moutons venait à passer.

Source : Filleul Petigny, « Les météores, XL : Au Perche », Revue des traditions populaires, t. XXIII (1908), p. 276. Voir la page

Pour réfléchir

Avant une démarche importante, à quels indices cherches-tu à deviner l’accueil qui t’attend ?