Une plante qui se fane soudain
En Gironde, l’orpin gardé en pot se flétrissait, croyait-on, dès qu’approchait quelqu’un qui avait fait un pacte avec le diable. Une plante qui dépérissait d’un coup devenait un témoin.
Ce que cela peut signifier
Une plante d’intérieur qui flétrit d’un jour à l’autre surprend, parce qu’on la croyait installée pour de bon. Autrefois, on lui prêtait une sensibilité aux gens de la maison : certaines herbes cueillies en juin se fanaient à l’entrée d’un sorcier en Gironde et en Saintonge, et près de Dinan le pommier planté à la naissance d’un enfant souffrait en même temps que lui. La plante servait de témoin. Elle en sert encore, mais d’une autre façon : un pot oublié trop longtemps raconte en général une période chargée, où l’on a cessé de faire attention aux petites choses. Ce qui se fane en silence autour de soi mérite parfois un regard.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une plante qui flétrit quand quelqu’un entre
En Gironde, ceux qui gardaient un pot d’orpin le voyaient, disait-on, se flétrir dès qu’approchait une personne ayant fait un pacte avec le diable. En Saintonge, on assurait que les bottes de millepertuis suspendues au plancher s’inclinaient comme fanées quand un sorcier entrait.
Une plante suspendue au plafond
Dans les campagnes angevines, l’herbe de la Vierge, accrochée au plafond, continuait à vivre et même à fleurir grâce aux réserves de ses feuilles ; mais elle mourait et se desséchait aussitôt, disait-on, si un sorcier pénétrait dans la pièce.
Une herbe pendue la tête en bas
Dans la région de Morlaix, on suspendait l’herbe de la Saint-Jean par la racine, la tête en bas. Si elle séchait, disait-on, on mourrait dans l’année ; si au contraire elle fleurissait, toute la famille serait en bonne santé.
Une bouture qui prend dans son pot
En Gironde, les personnes qui voulaient savoir si elles seraient heureuses en ménage transportaient dans un pot un pied d’« herbe vierge » : s’il prenait et poussait, le bonheur conjugal serait constant.
L’arbre d’une naissance
Près de Dinan, le pommier planté le jour de la naissance d’un enfant souffrait, croyait-on, lorsque celui-ci était malade. Dans le Périgord, un arbre planté en présence d’un porte-malheur ne prenait pas, croyait-on.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Une plante en pot flétrit quand ses racines ne peuvent plus lui fournir assez d’eau : sol desséché, mais aussi excès d’arrosage qui fait pourrir les racines, coup de chaleur près d’une fenêtre ou d’un radiateur, courant d’air froid. Les feuilles perdent leur tension en quelques heures, ce qui donne cette impression de chute soudaine.
Ce que disent les croyances populaires
Gironde
En Gironde, ceux qui avaient chez eux un pot d’herbe de la Saint-Jean, l’orpin, la voyaient se flétrir dès qu’elle se trouvait près d’une personne ayant fait un pacte avec le diable.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 512. Voir la page
Saintonge
En Saintonge, les tiges de millepertuis, liées en bottes et attachées au plancher, s’inclinaient comme si elles s’étaient soudain fanées quand un sorcier pénétrait dans la maison.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 512. Voir la page
Anjou
Dans les campagnes angevines, l’herbe de la Vierge attachée au plafond continuait à vivre et même à fleurir, mais elle mourait et se desséchait aussitôt si un sorcier entrait dans la pièce.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 512-513. Voir la page
Morlaix (Finistère)
Dans la région de Morlaix, quand on suspendait l’herbe de la Saint-Jean par la racine, la tête en bas, on mourait dans l’année si la plante séchait ; si elle fleurissait, toute la famille serait bien portante.
Source : élèves du collège de Morlaix, « Coutumes et superstitions de la Basse-Bretagne, XII : Collège de Morlaix », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 354. Voir la page
Gironde
En Gironde, ceux qui voulaient savoir s’ils seraient heureux en ménage transportaient un pied d’herbe de la Saint-Jean, ou herbe vierge, dans un pot à l’intérieur de la maison : s’il prenait et poussait, le bonheur conjugal serait constant.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 507. Voir la page
Environs de Dinan
Près de Dinan, le pommier planté le jour de la naissance d’un enfant souffrait lorsque celui-ci était malade, et se desséchait s’il mourait ; dans le sud de la province de Liège, à la mort d’un homme, les arbres qu’il avait plantés mouraient aussi.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 372. Voir la page
Périgord
En Périgord, on croyait que si un porte-malheur survenait pendant qu’on plantait un arbre, celui-ci ne prendrait pas.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 372. Voir la page
Pour réfléchir
Qu’est-ce qui, autour de toi, a manqué d’attention ces dernières semaines sans que tu le remarques ?