Une bougie qui coule ou fait un champignon
À Nantes, une chandelle sur laquelle se formait un champignon annonçait des nouvelles. À Quimper, la bougie qui coulait en petites boules promettait une lettre inattendue.
Ce que cela peut signifier
Les soirs d’autrefois, la chandelle était parfois la seule chose à regarder dans la pièce. On la mouchait, on surveillait sa mèche, et le moindre changement prenait un sens. Presque toutes les lectures parlaient de la même chose : une lettre, des nouvelles, quelqu’un qui pense à soi ou qui va venir. Les veillées étaient longues, et il y avait presque toujours un absent qu’on espérait revoir. Quand on guette une nouvelle, l’attention s’accroche au moindre détail (une vibration du téléphone, un bruit dans l’escalier), comme autrefois à la cire qui coule. Cette attente dit beaucoup de ce qui nous importe en ce moment.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un champignon au bout de la mèche
À Nantes, la chandelle sur laquelle se formait un champignon présageait des nouvelles, comme le papillon de mite qui voltige ou le coude qu’on se cogne.
De la cire qui coule en boules
À Quimper, quand la bougie coulait en formant de petites boules, une lettre inattendue, disait-on, n’allait pas tarder.
Une chandelle à deux mèches
Dans le Maine, si la chandelle avait deux mèches, on attendait des nouvelles.
Une flamme qui crépite
Près de Dinan, quand la lampe pétillait, on était assuré d’avoir une lettre le lendemain. Au XVIIe siècle, Thiers rapportait déjà que la chandelle qui jetait des étincelles promettait de la compagnie au logis.
Une mèche qui fume
Dans le Mentonnais, la lampe qui charbonnait comptait parmi les présages de pluie.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le « champignon » se forme quand la mèche est trop longue : elle ne brûle pas entièrement et du carbone s’accumule à son extrémité, qui fume et noircit. La cire coule quand la flamme en fait fondre davantage que la mèche ne peut en absorber, sous l’effet d’un courant d’air ou d’une bougie penchée. Un crépitement vient en général d’une impureté ou d’un peu d’humidité dans la mèche.
Ce que disent les croyances populaires
Nantes (Loire-Inférieure)
À Nantes, la chandelle à laquelle se formait un champignon était un présage de nouvelles, comme le papillon de mite qui voltige.
Source : Mme E. Vaugeois, « Usages et superstitions de Nantes et de la Loire-Inférieure (suite) », Revue des traditions populaires, t. XV (1900), p. 581. Voir la page
Quimper (Finistère)
À Quimper, quand la bougie coulait en formant de petites boules, c’était le présage d’une lettre inattendue.
Source : H. Le Carguet, « Petites croyances des Quimpéroises », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 196. Voir la page
Maine
Dans le Maine, si la chandelle avait deux mèches, c’était un présage de nouvelles.
Source : Mme Destriché, « Folk-lore du Maine », Revue des traditions populaires, t. XXIII (1908), p. 195. Voir la page
Environs de Dinan
Près de Dinan, quand la lampe pétillait, on était assuré d’avoir une lettre le lendemain.
Source : Lucie de V. H., « Coutumes de la Haute-Bretagne, XV : Environs de Dinan », Revue des traditions populaires, t. XVI (1901), p. 140. Voir la page
France, XVIIe siècle
Au XVIIe siècle, le curé Thiers rapportait la croyance selon laquelle, quand la chandelle allumée jetait quelques étincelles, il devait venir de la compagnie au logis.
Source : Jean-Baptiste Thiers et al. (Amsterdam, J. F. Bernard), Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages et à des pratiques contraires à la religion, t. I (1733), p. 44. Voir la page
Mentonnais (Alpes-Maritimes)
Dans le Mentonnais, la lampe qui charbonnait faisait partie des indices de pluie.
Source : J. B. Andrews, « Traditions, superstitions et coutumes du Mentonnais », Revue des traditions populaires, t. IX (1894), p. 332. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle nouvelle espères-tu ces jours-ci, et à quels petits détails te surprends-tu à la guetter ?