Des ciseaux qui tombent
À Quimper, des ciseaux fermés qui tombaient sur la pointe annonçaient des nouvelles ; à droite, le bonheur ; à gauche, le malheur. Dans le Finistère, s’ils restaient plantés dans le sol, on attendait une bonne visite.
Ce que cela peut signifier
Des ciseaux qui tombent font sursauter : le bruit sec sur le carrelage, la crainte pour les pointes, puis le geste pour les ramasser. À Quimper, on ne se pressait pas de le faire. On regardait d’abord comment ils étaient tombés (fermés sur la pointe, à droite, à gauche, ouverts en croix), et chaque position avait sa réponse. Ce petit temps d’arrêt est peut-être le plus intéressant de la croyance. Plutôt que d’agacer sur-le-champ, une maladresse peut devenir une seconde d’observation, sur soi autant que sur l’objet.
Selon la façon dont tu l’as vu
Fermés, tombés sur la pointe
À Quimper, des ciseaux fermés qui tombaient sur la pointe présageaient des nouvelles. Fermés et tombés à ta droite, ils promettaient le bonheur ; à ta gauche, le malheur.
Ouverts, en forme de croix
Toujours à Quimper, des ciseaux qui tombaient ouverts en faisant la croix se lisaient selon leur pointe : couchée vers la droite, bonheur ; vers la gauche, malheur.
Plantés dans le plancher
Dans le Finistère, un couteau ou des ciseaux qui tombaient et restaient plantés dans le sol promettaient une bonne visite. Il fallait donc s’attendre à quelqu’un d’agréable.
Des ciseaux perdus en chemin
Dans le village de Penguily, quand une couturière perdait ses ciseaux le matin en se rendant à son travail, le jeune homme qui les trouvait serait son mari, disait-on.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Des ciseaux tombent surtout quand on les pose au bord d’une table ou qu’ils glissent d’un tissu. Leurs lames métalliques étant plus lourdes que les anneaux, ils piquent volontiers pointe en avant, et sur un plancher de bois tendre il arrive qu’ils restent plantés.
Ce que disent les croyances populaires
Quimper (Finistère)
À Quimper, des ciseaux fermés tombant sur la pointe étaient un présage de nouvelles ; tombant à votre droite, de bonheur ; à votre gauche, de malheur.
Source : H. Le Carguet, « Petites croyances des Quimpéroises », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 194. Voir la page
Quimper (Finistère)
À Quimper, des ciseaux ouverts tombant en faisant la croix promettaient le bonheur si la pointe était à droite, le malheur si elle était à gauche.
Source : H. Le Carguet, « Petites croyances des Quimpéroises », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 194. Voir la page
Finistère
Dans le Finistère, si un couteau ou des ciseaux tombaient et restaient plantés dans le sol, c’était le présage d’une bonne visite.
Source : A. Dagnet, « Traditions et superstitions de la Basse-Bretagne, XXI : Finistère », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 499. Voir la page
Penguily (Haute-Bretagne)
À Penguily, lorsqu’une couturière perdait ses ciseaux le matin en se rendant à son travail, le jeune homme qui les trouvait serait son mari.
Source : Paul Sébillot, Coutumes populaires de la Haute-Bretagne (1886), p. 102. Voir la page
Pour réfléchir
La dernière fois qu’un objet t’a échappé des mains, à quoi pensais-tu juste avant ?