Everyday Omens

Une année riche en glands

En Wallonie, on ouvrait le premier gland trouvé dans le bois : un ver annonçait l’abondance, une mouche la pauvreté. Quant aux années chargées de glands, les dictons hésitaient entre disette et prospérité.

Ce que cela peut signifier

Avant de croire à l’abondance, les Wallons ouvraient le premier gland ramassé sous les chênes. Ils ne jugeaient pas l’année à la quantité qui jonchait le sol, mais à ce que cachait l’écorce : un ver, une mouche, ou rien du tout, et alors il fallait en chercher un autre. Les dictons sur les années à glands montrent la même prudence, puisqu’ils ne s’accordaient pas : la Haute-Marne y voyait la cherté, la Haute-Bretagne une bonne récolte de pommes l’année suivante. Une abondance apparente, qu’il s’agisse d’une offre généreuse ou d’un agenda soudain très rempli, gagne à être ouverte comme ce premier gland, pour voir ce qu’elle contient vraiment.

Selon la façon dont tu l’as vu

Le premier gland ramassé dans le bois

En Wallonie, on examinait le premier gland trouvé en forêt. Un ver à l’intérieur présageait l’abondance, une mouche la pauvreté. S’il n’y avait ni l’un ni l’autre, le présage ne comptait pas : on continuait à chercher jusqu’à tomber sur un gland habité.

Des chênes couverts de glands

Les dictons se contredisaient. « Année de glands, année de cher temps », disait-on en Haute-Marne, et le Languedoc parlait d’une année de faim. En Haute-Bretagne, à l’inverse, une année de glands promettait une année de pommes, et en Béarn une année d’abondance.

Des palombes dans les chênes

En Béarn, on disait aussi « an de glandère, an de paloumère » : l’année des glands serait celle des palombes. L’explication était toute pratique, puisque ces pigeons sauvages se nourrissent de glands.

Des boules rondes sur les feuilles

Les noix de galle, ces petites boules qui poussent sur le chêne, avaient leur propre lecture. En Belgique et en Côte-d’Or, beaucoup de noix de galle faisaient craindre la guerre ou la famine. En Basse-Bretagne, on les ouvrait comme les glands wallons : une mouche voulait dire la guerre, un ver la famine.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Les chênes ne donnent pas la même quantité de glands chaque année : après des années maigres vient une « glandée » abondante, à peu près en même temps sur toute une région. Le « ver » trouvé dans un gland est en général la larve du balanin, un petit charançon, qui en sort ensuite par un trou rond. Les noix de galle sont produites par de minuscules guêpes, les cynips, qui pondent dans les bourgeons ou les feuilles.

Ce que disent les croyances populaires

Wallonie (Belgique)

En Wallonie, il fallait examiner le premier gland trouvé dans le bois : un ver présageait l’abondance, une mouche la pauvreté ; sans l’un ni l’autre, on en cherchait d’autres jusqu’à trouver un gland qui en contienne.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 158-159. Voir la page

Haute-Marne et Languedoc

En Haute-Marne, on disait « Année de glands, année de cher temps », et en Languedoc une année de glands passait pour une année de faim.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 152. Voir la page

Haute-Bretagne, Bas-Limousin, Béarn

En Haute-Bretagne, le dicton allait dans l’autre sens : « Année de glands, année de pommes ensuivant » ; dans le Bas-Limousin, l’année suivante serait fertile, et en Béarn l’année des glands était une année d’abondance.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 152. Voir la page

Béarn

En Béarn, l’année des glands était aussi celle des palombes, qui s’en nourrissent : « an de glandère, an de paloumère ».

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 152. Voir la page

Belgique et Côte-d’Or

En Belgique et en Côte-d’Or, quand il y avait beaucoup de noix de galle sur les chênes, c’était un présage de guerre ou de famine.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 163. Voir la page

Basse-Bretagne

En Basse-Bretagne, si l’on trouvait une mouche dans la noix de galle, il y aurait la guerre ; un ver, la famine.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 163. Voir la page

Pour réfléchir

Quelle abondance récente as-tu accueillie comme une bonne nouvelle sans vraiment regarder ce qu’elle contenait ?