Ciel rouge le soir
Au Perche, un ciel rouge au coucher du soleil promettait du beau temps pour le lendemain. À Arbellara, en Corse, la même rougeur du côté de la mer laissait plutôt prévoir pluie ou vent au réveil.
Ce que cela peut signifier
Un couchant flamboyant arrête presque tout le monde. Les anciens ne s’arrêtaient pas à sa couleur : ils regardaient de quel côté le ciel brûlait. Au pays de Baugé, le rouge au levant présageait le froid et le rouge au couchant la pluie ; à Arbellara, c’est la rougeur côté mer qui inquiétait, alors qu’au Perche le même spectacle rassurait. La lueur changeait de sens selon l’horizon où elle apparaissait. Devant une impression vive, un enthousiasme soudain ou un malaise, la question utile n’est pas seulement « qu’est-ce que je ressens ? », mais aussi « d’où cela vient-il ? »
Selon la façon dont tu l’as vu
Un couchant rouge sur la campagne
Au Perche, le ciel rouge au coucher du soleil promettait du beau temps pour le lendemain. Les marins de Morlaix lisaient le couchant de la même façon.
Le rouge du côté de la mer
À Arbellara, en Corse, quand le ciel se colorait de rouge ou simplement de rose du côté de la mer à la fin du jour, on comptait sur de la pluie ou du vent dès le lendemain matin, comme le disait un dicton corse en deux vers.
Le rouge à l’est, le soir
Autour de Baugé, on regardait la direction : au soleil couchant, un ciel rouge au levant faisait attendre le froid, et rouge au couchant, la pluie.
Tout le ciel en feu
Au Perche, si la rougeur embrasait tout le ciel comme un incendie, on craignait une guerre, et celle de 1870, assurait-on, avait été prévue ainsi. Pendant l’occupation allemande qui suivit, on attribua de semblables lueurs à des combats lointains ou à des incendies de forêt.
Le dicton des marins
Au collège de Morlaix, des élèves recueillaient en 1905 ce dicton du temps en mer : « Rouge le soir, signe d’espoir. » Le rouge du matin, lui, ne disait rien de bon.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Au coucher du soleil, la lumière traverse une épaisseur d’air bien plus grande qu’à midi. Le bleu est dispersé en chemin et il reste surtout l’orange et le rouge, renforcés par les poussières et les gouttelettes en suspension. En France, le mauvais temps arrive en général de l’ouest : un couchant dégagé montre que cet horizon est clair, d’où la bonne réputation du ciel rouge du soir.
Ce que disent les croyances populaires
Perche
Au Perche, le ciel rouge au coucher du soleil annonçait du beau temps pour le lendemain.
Source : Filleul Petigny, « Les météores, XL : Au Perche », Revue des traditions populaires, t. XXIII (1908), p. 273. Voir la page
Perche
Au Perche, si la rougeur embrasait tout le ciel comme un vaste incendie, c’était un présage de guerre ; on disait que la guerre de 1870 avait été annoncée ainsi, et pendant l’occupation allemande on attribua ces lueurs à des combats lointains ou à des incendies de forêt.
Source : Filleul Petigny, « Les météores, XL : Au Perche », Revue des traditions populaires, t. XXIII (1908), p. 273. Voir la page
Arbellara (Corse)
À Arbellara, si à la fin du jour le ciel se colorait en rouge ou en rose du côté de la mer, pluie ou vent arriveraient le lendemain matin, comme le disait un dicton corse.
Source : Jules Agostini, « Coutumes, traditions et superstitions de la Corse (village d’Arbellara) », Revue des traditions populaires, t. XII (1897), p. 513. Voir la page
Pays de Baugé (Maine-et-Loire)
Au pays de Baugé, quand au soleil couchant le ciel était rouge au levant, c’était le présage d’un temps froid ; rouge au couchant, d’un temps pluvieux.
Source : C. Fraysse, « Au pays de Baugé », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 426. Voir la page
Morlaix (Finistère)
À Morlaix, on disait pour le temps en mer qu’un ciel rouge le soir donnait bon espoir, alors que le rouge du matin était de mauvais augure.
Source : élèves du collège de Morlaix, « Coutumes et superstitions de la Basse-Bretagne, XII : Collège de Morlaix », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 355. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle impression forte as-tu crue sur parole, sans chercher d’où elle te venait ?